La prévention du suicide

Durée : 6:29

Transcription

L'intention suicidaire d'un employé est une situation délicate à laquelle il faut pouvoir réagir adéquatement.

Il est donc très important de comprendre ce qui conduit au suicide, de déterminer les questions à poser et de savoir diriger la personne à risque aux bons intervenants.

Les statistiques démontrent qu'environ 8 personnes sur 10 manifestent des signes qui permettent d'alerter leurs proches de leur trouble et de leur intention. Toutefois, il n'est pas toujours facile de bien comprendre le message.

Alors, comment reconnaître une personne suicidaire?

L'intention suicidaire se détecte via une série d'indices précurseurs. En voici quelques-uns.

L'individu utilise des expressions révélatrices telles que :

  • « je vais me tuer »;
  • « je veux mourir »;
  • « je ne m'en sortirai jamais »;
  • « vous seriez bien mieux sans moi »;
  • « bientôt, vous aurez la paix »;
  • « j'ai fait mon testament ».

On retrouve aussi des indices comportementaux, tels que :

  • un changement radical ou progressif sur le plan des attitudes et des comportements;
  • le don d'objets à valeur sentimentale;
  • le retrait et l'isolement;
  • des changements dans les habitudes alimentaires et de sommeil;
  • des changements sur le plan de l'hygiène personnelle.

De plus, il existe des indices émotionnels qui se traduisent par :

  • un désintérêt pour quoi que ce soit;
  • des pleurs;
  • du découragement;
  • des changements brusques d'humeur;
  • de l'agressivité;
  • une importante anxiété.

On trouve aussi des indices cognitifs qui se manifestent par :

  • de la difficulté à se concentrer;
  • l'absence de motivation;
  • des pertes de mémoire.

Avoir des idées suicidaires peut arriver à tout le monde, mais il existe quatre facteurs qui influencent la disposition d'une personne à ces idées noires.

Les facteurs prédisposants sont liés à l'histoire de vie d'une personne. L'individu devient plus vulnérable et enclin aux pensées suicidaires lorsqu'il vit ou a vécu des problèmes de santé mentale, de dépendance aux drogues et à l'alcool, ou encore des problèmes de santé physique chroniques.

Les facteurs contribuants sont des comportements ou des évènements qui accentuent le niveau de risque de suicide déjà présent, comme par exemple la difficulté dans les relations interpersonnelles, le refus de demander de l'aide ou l'absence d'un réseau de soutien.

Les facteurs précipitants ou déclencheurs sont de l'ordre d'évènements ponctuels susceptibles d'augmenter le sentiment de vulnérabilité de la personne à risque. Ils peuvent ainsi précipiter le passage à l'acte. Ils sont en quelque sorte « la goutte qui fait déborder le vase ». Les échecs professionnels et amoureux, les difficultés financières ou la perte d'un emploi sont quelques exemples de ces facteurs.

Les facteurs de protection permettent de réduire l'impact des facteurs précédents en élargissant le champ des solutions possibles. Il s'agit, entre autres, d'activités valorisantes, de l'adoption de saines habitudes de vie, de la capacité de demander de l'aide, et d'un milieu de travail respectueux et valorisant.

L'intention suicidaire ne se manifeste pas de manière soudaine. Avant de commettre un geste suicidaire, une personne essaie par tous les moyens de diminuer sa souffrance et de régler ses difficultés. Moins ses moyens fonctionnent, plus l'idée du suicide devient importante. Le désir de suicide est cependant réversible, c'est-à-dire que lorsqu'une personne trouve une solution à ses problèmes, elle diminue sa souffrance. Par conséquent, ses idées suicidaires sont de moins en moins présentes.

Voici maintenant quelques conseils pour venir en aide à des employés aux prises avec des idées suicidaires.

La prise de contact avec l'employé est le premier pas vers le soutien. Il est recommandé de lui faire part des inquiétudes qu'il engendre et de lui mentionner quelques-uns de ses changements de comportement. Manifester de l'intérêt à l'aider, à le soutenir et à le diriger vers les bons intervenants constitue la base de l'appui à un individu suicidaire.

On peut ensuite lui poser trois questions clés qui sont les suivantes :

  • comment? C'est-à-dire déterminer avec l'employé s'il a choisi le moyen de se donner la mort et si ce moyen est accessible;
  • où? C'est-à-dire demander à l'employé s'il a choisi le lieu où il pense passer à l'acte;
  • quand? C'est-à-dire s'informer auprès de l'employé s'il a prévu passer à l'acte lors d'un moment, d'une date ou d'un événement en particulier.

Une fois ces questions posées, il est conseillé de demander à l'employé de verbaliser ses émotions en l'interrogeant sur ce qui entraîne ses idées suicidaires et sur ce qui est pour lui le plus difficile à vivre.

Il faut par la suite encourager cette personne à joindre rapidement le programme d'aide aux employés afin d'obtenir l'appui de professionnels.

Il est même possible de conclure avec l'employé une entente de non-suicide avec échéance, tout en lui rappelant la possibilité de téléphoner au Centre de prévention du suicide.

Il n'est pas nécessairement facile pour un employé de s'ouvrir à un supérieur alors qu'il vit des difficultés et se trouve en position de vulnérabilité. Le simple fait de rencontrer l'employé en difficulté afin de lui faire part des inquiétudes qu'il engendre et de le diriger vers le bon intervenant est déjà un travail bien accompli.

Pour en apprendre davantage sur ce sujet, nous vous suggérons de lire le document de référence.

En cas de questions, de doutes ou de besoins particuliers de soutien, n'hésitez surtout pas à communiquer avec le service d'aide spécialisée offert aux personnes admissibles.