​Croissance et diversification dans le respect des valeurs (2002-2011)

À l'aube du nouveau millénaire, le secteur financier traverse une période de très grande effervescence marquée surtout par une vive concurrence. Les assureurs qui œuvrent à l'échelle canadienne s'efforcent de consolider leur position sur un marché convoité à la fois par les assureurs et d'autres institutions financières dont les banques, mais ils cherchent aussi à développer les marchés étrangers. Pour les assureurs québécois, l'objectif est de soutenir la compétition et, pour certains d'entre eux, dont SSQ, de déborder les frontières de la province.

La désignation SSQ Groupe financier, adoptée en 2000, témoigne d'abord d'une nouvelle vision de la croissance de l'entreprise basée sur le renforcement de son image de marque, le service à la clientèle et la synergie des secteurs d'activités. Au moment de franchir le cap du milliard de dollars de revenus annuels, en 2003, SSQ actualise ses orientations stratégiques, en visant une croissance soutenue pour améliorer le bien-être de ses membres et du milieu dans lequel ils évoluent.

En décidant de demeurer une mutuelle dans un contexte de démutualisation et de concentration des grandes compagnies d'assurance, SSQ Groupe financier mise surtout sur sa différence pour conquérir de nouveaux marchés. C'est ainsi qu'il s'implante au Canada anglais, revoit toute son approche en investissement et retraite et élargit sa clientèle au grand public en assurances générales.

L'assurance collective : du Québec au Canada

Grâce à sa forte présence au Québec, en particulier dans les secteurs public et parapublic, SSQ se retrouve parmi les leaders de l'assurance collective au pays. Les relations avec les clients demeurent au cœur de ses préoccupations, ce qui contribue à la fidélité des groupes. En fait, c'est plus de 95 % des clients qui lui réitèrent leur confiance année après année. La gestion de ces régimes pose un défi particulier au début des années 2000 en raison de l'augmentation des coûts de l'assurance médicaments et de l'assurance salaire de longue durée. L'objectif stratégique de SSQ, dans son marché d'origine, reste d'élargir sa clientèle dans le secteur privé qui représente 45 % du million de personnes assurées en 20011. C'est toutefois le Canada anglais qui constitue le plus grand défi.


L'immeuble, le Roland-Giroux, est inauguré en 2005.

C'est en 1999 que SSQ reçoit ses premiers groupes extérieurs à son marché traditionnel2, mais le bureau des ventes de Toronto n'est inauguré qu'en février 2002. La conclusion d'une entente de principe avec le Comité des fiduciaires du Syndicat des agents de bord d'Air Canada, qui se concrétise au début de 2001, reste le fait saillant de cette percée à l'extérieur du Québec. En compétition avec les plus importantes compagnies canadiennes en assurance collective, SSQ Groupe financier fait valoir ses avantages concurrentiels et la solide réputation de son service à la clientèle3.

Première antenne au Canada anglais, le bureau de Toronto dessert les groupes à l'ouest du Québec. Au terme de sa première année d'activité, le bureau torontois de SSQ totalise déjà quelque 60 000 assurés4. On mise rapidement sur des partenariats avec un nombre restreint de tierces parties administratives (TPA), lesquelles, en plus de s'occuper de la distribution des produits, prennent à leur charge une partie de l'administration habituellement dévolue à l'assureur, un positionnement stratégique différent du Québec qui s'avérera gagnant. Fort de ses résultats encourageants avec les TPA et les groupes du secteur privé, SSQ s'attaque aussi au marché des groupes du secteur public. Une autre étape de cette stratégie pancanadienne est amorcée en 2008 : la distribution des produits d'investissement et de retraite à partir de Toronto.

Investissement et retraite : une nouvelle stratégie de croissance

La nouvelle stratégie de développement qui est mise en œuvre dans le secteur investissement et retraite porte sur un horizon de trois à cinq ans. On espère atteindre un volume d'affaires critique assurant une participation accrue aux bénéfices de SSQ. « Dans ce domaine, peut-on lire dans le Rapport annuel 2000, un grand marché s'offre à nous, qu'il s'agisse du marché institutionnel ou de celui de l'épargne collective, un créneau naturel pour nous, ou de l'épargne personnelle, qui sera en croissance rapide au cours des cinq prochaines années. Les produits de rentes représentent à eux seuls des possibilités immenses pour l'avenir »5.

La clé du succès réside dans les partenariats que SSQ parvient à établir avec les intermédiaires de marché : les agents généraux et les conseillers financiers, pour le marché individuel, et les firmes d'actuaires-conseils, pour les régimes collectifs. Les produits, notamment la gamme de Fonds ASTRA, et la qualité du service de SSQ inspirent confiance à ces réseaux de distribution.

Ces partenariats permettent notamment une croissance soutenue des actifs sous gestion, qui passent de 1,6 milliard de dollars en 2000 à 3,7 milliards de dollars en 2007. Fort de ce succès avec ses produits d'investissement et de retraite, SSQ se lance à la conquête du marché canadien avec la volonté de nouer, là aussi, des relations d'affaires solides avec le réseau de courtage et la clientèle institutionnelle6. La première tête de pont est établie à Toronto et SSQ est bientôt autorisé à offrir tous les types de régimes d'épargne et de revenu de retraite, individuels ou collectifs, enregistrés ou non, dans toutes les provinces et territoires.

SSQ agit aussi comme registraire et fiduciaire de ses deux partenaires de longue date, Fondaction (fonds de développement de la CSN pour la coopération et l'emploi mis sur pied en 1996) et le Comité Bâtirente (régime collectif d'épargne-retraite de la même centrale créé en 1987). En 2011, Sécurifonds, une filiale du Fonds de solidarité FTQ, s'ajoute à ces partenaires privilégiés en confiant à SSQ les actifs de ses régimes de décaissement7.

Après la vente de sa filiale Valorem, SSQ confie la gestion des Fonds ASTRA à des gestionnaires externes. Les 30 fonds existants en 2001 sont gérés par 13 gestionnaires institutionnels aux styles complémentaires. N'ayant pas d'intérêt dans une firme de gestion de placements, l'entreprise est impartiale et se fait un point d'honneur d'assurer un suivi rigoureux des gestionnaires. En fait, elle vise constamment à améliorer, en fonction du risque, la performance de ses divers fonds de placement et à diversifier son éventail de produits.

SSQ Assurances générales : à la conquête du grand public

En chiffres, le secteur des assurances générales contribue pour 6,5 % du total des primes, en 2012, alors que la filiale de SSQ souligne son premier quart de siècle d'existence. L'offensive auprès du grand public, par la vente directe, marque le début des années 2000.

Tout en continuant de miser sur son marché d'origine, c'est-à-dire les groupes, la filiale se tourne vers les individus. Auprès des particuliers, SSQ Assurances générales compte sur sa notoriété pour recruter de nouveaux clients. Une vaste campagne publicitaire est lancée au début de 2002 en vue de faire connaître les produits8.

Aux outils traditionnels de marketing, s'ajoutent aussi les nouvelles technologies de l'information. Actualisé en 2003 dans le but de « refléter son approche client hautement personnalisée »9, le site Internet en devient un d'affaires. En 2009, un formulaire de demande de soumission auto est intégré au site. Puis, en 2011, c'est au tour de la soumission en ligne. Cette dernière innovation coïncide avec l'adoption de SSQauto, une marque de commerce plus simple qui est jumelée à une plateforme de communication repensée pour l'ensemble du Groupe10.

SSQ Assurances générales recrute des candidats prêts à relever de nouveaux défis. Son personnel s'accroît de 170 en 2000 à 475 en 2010, ce qui représente alors 30 % de l'ensemble du Groupe. En janvier 2011, un centre de relations clients à Longueuil s'ajoute à celui de Québec afin d'intensifier ses efforts de mise en marché. En effet, la concentration de plusieurs compagnies d'assurance dans la grande région de Québec rend plus difficile le recrutement de candidats bilingues, qui sont plus nombreux dans la région de Montréal.

De 1991 à 2001, le nombre de détenteurs de polices d'assurance de dommages double, mais il est multiplié par cinq de 2001 à 2011. Il atteint 262 002 en 2011. Sous la direction de Marie-Josée Blanchette, de 1998 à 2008, et par la suite de Gilles Mourette, le secteur connaît donc une progression spectaculaire11. La filiale en assurances générales de SSQ Groupe financier se distingue depuis quelques années par un taux de croissance nettement supérieur à celui de l'industrie.

Une première a été réalisée en août 2011 avec l'acquisition de deux entreprises de Trois-Rivières spécialisées dans la distribution des produits d'assurance de remplacement et d'assurance-crédit12. La décision confirme l'intérêt de SSQauto pour le secteur très convoité des concessionnaires automobiles et de véhicules récréatifs, qu'elle avait abordé l'année précédente13.

SSQ, Société immobilière inc. : de la cité-parc à la Cité Verte

En tant que gestionnaire du portefeuille immobilier de l'entreprise, la filiale SSQ, Société immobilière inc. se donne elle aussi des objectifs de diversification au début des années 2000. Le Samuel-Holland, véritable cité-parc formée de cinq édifices réunis, est vendu en 2003 pour 68 millions de dollars, transaction majeure dans la région de Québec14.

À l'issue de la planification stratégique 2003-2007, SSQ, Société immobilière inc. se tourne plus que jamais vers la diversification et plusieurs projets sont alors à l'étude. Après avoir fait l'acquisition du site des studios de Radio-Canada, adjacent au siège social, le bras immobilier de SSQ y entreprend la construction d'un vaste édifice à bureaux afin de combler les besoins croissants d'espace du Groupe et en vue d'accueillir d'autres locataires15. Cet immeuble, le Roland-Giroux, détenu en partenariat avec des investisseurs privés est inauguré en 2005.

À la même époque, un autre pas est franchi avec le lancement de l'ambitieux projet de la Cité Verte. Au terme de nombreuses démarches, Jean Morency, le président-directeur général de SSQ, Société immobilière inc., peut enfin aller de l'avant avec le projet de création d'un écoquartier.

L'année 2010 est marquée par deux acquisitions importantes, soit un immeuble sur la rue Sheppard, dans la couronne nord de Toronto, nommé « SSQ Place », et d'un terrain situé au 3000, boulevard Laurier, à Québec. Dans les deux cas, il s'agit d'emplacements stratégiques au cœur de secteurs en plein développement appelés à devenir d'importants centres d'affaires16. Du côté de Montréal, SSQ procède en 2010 à la vente du complexe Papineau-Lévesque.

La progression des affaires va de pair avec la performance du Groupe qui, après sa relance en 1993, déclare année après année des bénéfices nets oscillant entre 10 % et 16 %.

Quelques chiffres permettent de mesurer la croissance de SSQ de 2001 à 2011 :

Faits saillants

  Actif sous gestion (millions de $) Avoir des actionnaires (millions de $) Bénéfice net (millions de $) Nombre d'employés
2001 1 755,5 124,5 13,6 1 007
2006 3 404,6 204,6 25,9 1 266
2011 7 980,4 334,1 33,8 1 627

Source : SSQ Groupe financier, Rapports annuels.

La Cité Verte : premier écoquartier de Québec

En 2005, SSQ Immobilier fait l'acquisition des terrains et des bâtiments accueillant la Congrégation des Sœurs du Bon-Pasteur de Québec, dans le quartier Saint-Sacrement de Québec.


La Cité Verte

Le projet de la Cité Verte comporte d'abord le recyclage des bâtiments d'origine : la crèche Saint-Vincent-de-Paul (1908), l'Hôpital de la Miséricorde (1929) et l'École de Puériculture (1952). Ils sont convertis en appartements en copropriété, et en espaces à bureaux et commerciaux. Un emplacement a aussi été réservé pour des logements à loyer modique qui seront construits et gérés par l'Office municipal d'habitation de Québec. S'y ajouteront de nouveaux condos et des maisons de ville pour porter le nombre d'unités d'habitation à 800. Conçues comme un espace de vie écoresponsable, ces habitations sont regroupées autour d'équipements à caractère collectif pour la gestion efficace de l'énergie, de l'eau et des déchets, de stationnements souterrains, d'espaces végétalisés et d'un jardin communautaire. Il comportera aussi un pavillon commun avec piscine et salle d'entraînement. La qualité du projet lui a valu le prix Innovation en bâtiment durable lors du Gala Habitation en 201217.

Une entreprise innovante

Depuis plusieurs années, SSQ Groupe financier se démarque comme entreprise innovante. Toujours à l'affût des développements dans l'industrie de l'assurance, SSQ cherche à améliorer ses produits et ses services.

En assurance collective, SSQ est reconnu pour le service de réadaptation qu'il offre en assurance invalidité, dans le cadre de partenariats avec des entreprises spécialisées qui conseillent les gestionnaires et qui fournissent aux participants à ses régimes un soutien à la santé physique et psychologique. Lancé à l'automne de 2003, axé Santé, qui vise la prévention, est un programme propre à SSQ. Son élaboration a mené à la conclusion d'une entente avec Best DoctorsMD, chef de file mondial dans les secteurs de l'information médicale et de l'accompagnement des patients atteints d'une maladie grave, une première en assurance collective au pays18. Au-delà de la prévention, les interventions directes auprès des personnes en situation d'invalidité visent à favoriser le recouvrement de la santé et le retour au travail dans les meilleures conditions. En 2005, l'assureur lance un autre programme destiné à prolonger la relation d'affaires avec ses membres lors de la retraite : Privilège SSQ, une gamme de produits d'assurance-maladie, d'assurance pour des soins de longue durée et d'assurance vie destinés aux particuliers. Les clients qui n'ont plus accès à un régime d'assurance collective continuent ainsi de bénéficier d'une protection19.

SSQ se distingue également par sa gamme de fonds d'investissement. En 2001, le Fonds ASTRA Santé est déclaré meilleur fonds spécialisé au Canada20. L'offre se diversifie au fil des années pour répondre aux besoins de la clientèle et même les devancer par des produits novateurs. Par exemple, en 2006, plusieurs fonds sont ajoutés, dont le Fonds ASTRA d'actions canadiennes Lombard Odier Darier Hentsch, caractérisé par sa gestion socialement responsable21. À l'occasion, les gestionnaires sont changés en vue d'améliorer les performances. SSQ a la main heureuse en transférant son Fonds d'actions canadiennes à petite capitalisation à Sceptre Investment Counsel, puisqu'il sera choisi le meilleur fonds de l'année 2006 dans sa catégorie22. En fait, la qualité des Fonds ASTRA de SSQ leur vaut une solide réputation dans les milieux financiers.

La filiale SSQauto a fait figure de pionnier à plusieurs reprises. Ainsi, en 1994, elle a été la première entreprise en assurances générales à garantir ses primes pour une durée de deux ans23. En 1999, elle s'est opposée au remboursement des coussins gonflables reconditionnés qui ne rencontraient pas ses standards de qualité et qui ont finalement été interdits en 200224. Les offensives grand public de la filiale sont soutenues par des campagnes publicitaires annuelles efficaces, et même assez percutantes.

De son côté, la filiale immobilière s'impose par son leadership comme promoteur du développement durable. Avec le souci de maintenir la qualité des immeubles, SSQ, Société immobilière inc. s'est donné pour objectif d'obtenir la certification LEED® pour toutes ses nouvelles constructions.

L'assurance à l'ère d'Internet

Si l'avènement de la micro-informatique a modifié en profondeur les pratiques en matière d'assurance et de services financiers, Internet représente une avancée tout aussi importante. Comme il a été dit plus haut, SSQ vend depuis des années des assurances générales en ligne. Par contre, Internet s'est aussi ajouté aux outils de travail des employés au tournant des années 2000.

Activé au printemps 2000, le site Internet sécurisé ASTR@net permet désormais aux conseillers d'accéder directement aux portefeuilles de Fonds ASTRA de leurs clients25. Cet outil est raffiné par la suite pour améliorer le service à la clientèle. Un autre jalon technologique important est posé en avril 2002 avec l'adhésion du secteur investissement et retraite à l'important réseau canadien FundSERV26, service d'échange électronique de données entre les sociétés de fonds d'investissement, les distributeurs et les intermédiaires. Les transactions en sont d'autant facilitées.

À compter de 2003, c'est le secteur de l'assurance collective qui bénéficie d'un nouvel outil de gestion. Accès – Service aux administrateurs est un site sécurisé permettant aux responsables des groupes d'effectuer des demandes d'adhésion en ligne ou des modifications aux dossiers individuels. Deux ans plus tard, c'est un peu plus de 75 % des administrateurs de régime qui utilisent le service27. Les assurés eux-mêmes peuvent consulter leur dossier depuis 2005, grâce à Accès – Service aux adhérents, et depuis 2009, ce sont les conseillers et actuaires qui bénéficient du service, avec Accès – Conseillers28.

Les assurés bénéficient aussi d'autres avancées technologiques. Ainsi, SSQ Groupe financier décide d'offrir la carte unique de paiement pour les médicaments et les frais dentaires29. Le 1er avril 2012, un nouveau système plus flexible est implanté pour le traitement des demandes de prestations en assurance médicaments, soins dentaires et maladie. Il est désormais possible de soumettre une demande de prestations en ligne30. La dernière nouveauté technologique est une application téléchargeable « SSQ Services mobiles », qui permet au détenteur d'une assurance collective de SSQ d'effectuer une réclamation à partir de son téléphone mobile, autre première au pays.

L'utilisation de plus en plus fréquente d'Internet pour les communications n'a pas éliminé le téléphone. SSQ continue d'offrir à ses clients un service personnalisé en les orientant rapidement vers le bon interlocuteur. Les divers sondages menés auprès de la clientèle de SSQ révèlent des taux de satisfaction parmi les plus élevés de l'industrie.

Les ressources humaines

Plusieurs jeunes gens se joignent au personnel de SSQ et de ses filiales après 2000, mais c'est à l'intérieur de ses rangs que l'entreprise renouvelle ses cadres après le départ de Pierre Genest. Ce dernier reviendra en 2006 pour prendre la relève d'Yves Demers à la présidence du conseil d'administration.

Dans la poursuite de ses objectifs de croissance, SSQ Groupe financier continue de miser sur la compétence du personnel et son bien-être au travail. L'entreprise n'a pas le choix, car la compétition reste très forte dans la région de Québec pour les meilleurs candidats aux postes offerts par les assureurs.

De 2000 à 2010, le nombre d'employés dans les onze sièges sociaux des compagnies d'assurance de Québec et de Lévis s'est accru de 63 %31.

Les conditions de travail

SSQ offre à son personnel des conditions de travail concurrentielles en termes de rémunération, vacances, droits parentaux, avantages sociaux et régimes de retraite. Les employés sont représentés par quatre syndicats. Le renouvellement des conventions collectives se fait dans un climat plutôt serein.

L'entreprise se préoccupe aussi de la qualité de vie au travail. Ainsi, en 2003, la direction du développement organisationnel au sein du service des ressources humaines lance une vaste consultation32. L'exercice a pour but de mesurer la satisfaction des employés face aux différents aspects de leurs fonctions33. Ils se prononcent sur la nature de leur travail, les mécanismes de participation aux décisions dans l'entreprise, la collaboration entre les personnes, la relation avec leur supérieur, le développement de leurs compétences et de leur carrière. Cette consultation, menée par une firme externe, révèle que les employés éprouvent un sentiment de fierté très marqué à l'égard de leur entreprise et de leur travail. En effet, 98 % d'entre eux recommanderaient SSQ comme employeur à un de leurs amis. Par contre, elle met aussi en lumière un certain nombre de facteurs à améliorer.

En 2004, la direction du développement organisationnel poursuit la démarche en rencontrant tous les employés en vue de partager les résultats de l'enquête, de passer en revue les atouts de l'entreprise et de discuter des façons d'améliorer davantage la satisfaction du personnel34. Et c'est en 2005 que les solutions sont élaborées, soit le programme de santé et de mieux-être du personnel La vie en forme, celui d'intégration et de développement des gestionnaires, la formation en ligne et la définition de profils de compétences35. Le programme La vie en forme, instauré en 2006, vise à contrer l'absentéisme au travail par la promotion de la santé et la prévention, c'est-à- dire par l'adoption de meilleures habitudes de vie, l'équilibre psychologique, la conciliation entre le travail et la vie privée. L'initiative vaut à SSQ des prix pour sa vision novatrice de la santé en milieu de travail36.

Recrutement et formation

Chez SSQ, le seuil des 1 000 employés est franchi en 2001 et celui des 1 500 en 2009. Le personnel est formé aux deux tiers de femmes. Pour la période de 1999 à 2003, le taux de roulement de la main-d'œuvre est inférieur à 4,5 %, alors que l'ancienneté moyenne des employés est, en 2003, de 11,34 ans37. Ces quelques chiffres témoignent à la fois de la capacité de l'entreprise à retenir son personnel et d'un rajeunissement de ses effectifs, à la suite du nouveau départ après 1992. En 2006, le taux de roulement n'est que de 2,5 %, comparativement à 6,3 % dans le secteur des services financiers38. Et cette tendance ne s'est pas démentie par la suite.

La formation continue reste une priorité de SSQ. L'accès gratuit à des cours LOMA, spécialisés en assurance, et des bourses d'études dans des programmes de formation liés à l'emploi sont offerts aux employés qui ont accès aussi à des ateliers, conférences et cours sur des sujets liés à leurs tâches. D'autres outils sont également mis à la disposition des employés : un portail dédié à la gestion de la performance, un référentiel de compétences et des capsules de formation en ligne pour l'autoapprentissage39.

Le défi des assureurs, plus particulièrement de ceux de la région de Québec, demeure la pénurie de main-d'œuvre. C'est ce qui est à l'origine de la formation, en 2007, du Centre de développement en assurances et services financiers ayant pour mission de promouvoir l'intérêt pour les jeunes à opter pour une carrière dans l'assurance. L'organisme regroupe les onze compagnies qui ont leur siège social à Québec et à Lévis.

Les divers sondages menés auprès de la clientèle de SSQ révèlent des taux de satisfaction parmi les plus élevés de l'industrie.

La haute direction

Deux hommes forts de SSQ dirigent les opérations après 2001 en maintenant le cap sur la croissance. Ils s'entourent de collaborateurs d'expérience partageant leur vision. Quant à l'ancien président-directeur général, il revient en 2006 dans de nouvelles fonctions.

Le retour de Pierre Genest

Au départ à la retraite d'Yves Demers, en 2006, SSQ perd l'un de ses bâtisseurs. Fin diplomate, homme dévoué à l'organisation, profondément attaché aux valeurs de la mutualité, il s'est aussi distingué par son engagement dans la collectivité. Il est remplacé par Pierre Genest, qui est de retour chez SSQ après avoir assumé la direction du Fonds de solidarité des travailleurs du Québec.

Au moment où l'entreprise souligne ses soixante ans d'existence, Pierre Genest se réjouit des résultats obtenus. Mais les défis demeurent très grands. Plusieurs dossiers retiennent l'attention après 2006, dont ceux des règles de gouvernance, des politiques de conformité et de gestion des risques. En tant que président de SSQ, Mutuelle de gestion, Pierre Genest doit aussi veiller à ce que les valeurs de mutualité soient véhiculées auprès des membres, des clients, des partenaires et des employés.

Richard Bell : sous le signe de la continuité

Le mandat de Richard Bell à la direction de SSQ débute dans des circonstances très difficiles, avec le repli des marchés boursiers, la baisse importante des taux d'intérêt et les événements dramatiques du 11 septembre 2001 aux États-Unis. En fait, c'est toute l'industrie de l'assurance et de la finance qui écope. L'optimisme de la haute direction de l'entreprise québécoise n'est cependant nullement ébranlé, car les assises ont prouvé leur solidité.


M. Richard Bell
Président-directeur général
(janvier 2002 – septembre 2008)

Le passage de Richard Bell à la direction de SSQ Groupe financier sera effectué sous le signe de la continuité. Après avoir fait sa marque à l'assurance collective, où il a été l'artisan de la diversification et a préparé l'expansion dans le reste du Canada, c'est la personne toute désignée pour poursuivre le développement de SSQ. Les défis qu'il a relevés alors qu'il était responsable du secteur névralgique de l'assurance collective n'étaient pas banals40. Étant donné qu'on avait recours à la vente directe aux comités paritaires, il fallait d'abord convaincre les équipes de vente de travailler avec les courtiers pour joindre les plus petits groupes. Pour s'implanter avec succès au Canada anglais, il fallait aussi modifier l'approche et lutter avec des concurrents jouissant d'une solide réputation. Mais la stagnation de l'embauche dans la fonction publique, le fort taux de pénétration du marché provincial et la présence croissante des entreprises québécoises dans les autres provinces justifiaient ces choix stratégiques.

Durant ses sept années à la tête de SSQ Groupe financier, Richard Bell promeut les valeurs de l'entreprise en misant surtout sur l'accessibilité, à la fois au sein de l'organisation et dans les rapports d'affaires avec la clientèle. Le président-directeur général partage les vues des actionnaires, pour qui la création d'emplois s'avère beaucoup plus importante que les dividendes versés à la fin de l'année. En moyenne, de 50 à 60 postes par année sont créés sous son mandat. Et c'est pour accueillir ces nouvelles recrues qu'on agrandit le siège social du boulevard Laurier, une réalisation qui fait sa fierté.

Richard Bell est tout à fait conscient de l'importance de la satisfaction au travail, ce pourquoi il privilégie le règlement rapide des différends. Face aux difficultés que les assureurs éprouvent à recruter de jeunes candidats, il clame haut et fort que « l'assurance est un beau métier41 » ! Il justifie ses dires en expliquant que la compagnie d'assurance est appelée à intervenir lorsque les gens ont un besoin (sinistre, maladie, accident, retraite, décès) et que les réserves actuarielles qui sont placées dans l'économie aident à financer des projets utiles à la société. Il sait mobiliser les employés autour des objectifs stratégiques de l'entreprise.

Après avoir consacré 21 ans de sa vie à SSQ, Richard Bell prend sa retraite en 2008. Pierre Genest lui rend alors hommage en ces termes : « Richard Bell aura marqué le développement de SSQ par son intégrité, son intelligence, sa capacité de rassembler les forces de l'équipe autour de projets communs, son énergie et son sens aigu de la communication42 ».

Un nouveau défi pour René Hamel

René Hamel lui succède. Ce vétéran de l'organisation a toute une feuille de route lorsqu'il accède à la présidence du Groupe. D'abord, il a bâti avec Pierre Genest la filiale en assurances générales. Après avoir réalisé une étude visant à relancer le secteur investissement et retraite, il est chargé d'en appliquer les conclusions. De 1994 à 2001, il relève avec succès ce qu'il qualifie lui-même de « magnifique défi », en s'appropriant davantage les valeurs de l'entreprise43. Enfin, il assume, de 2001 à 2008, la direction du secteur assurance collective. À l'instar de son prédécesseur, il arrive à la barre dans un contexte difficile marqué par la crise du papier commercial adossé à des actifs, qui entraîne d'importantes turbulences de l'économie mondiale.


René Hamel
Président-directeur général
(depuis septembre 2008)

Comme l'assurance sur la vie était moins populaire, des entreprises centenaires comme la Sun Life, Manuvie et la Great-West se tournaient de plus en plus vers l'assurance collective. Cependant, la démutualisation de plusieurs entreprises et les fusions qui ont suivi créaient un contexte favorable à une percée au Canada anglais. D'une part, de nombreux groupes, qui étaient habitués de travailler avec des mutuelles, voulaient continuer à faire affaire avec une mutuelle. D'autre part, les regroupements de compagnies donnaient accès à des ressources expérimentées intéressées à se joindre à une entreprise dynamique44. Après une entrée remarquée sur le marché de Toronto, SSQ effectue une vente importante en 2002 par l'intermédiaire du Groupe AGM, un consultant auprès de petites entreprises de Winnipeg, en décrochant le contrat des quelque 11 000 adhérents du SIRIUS Benefit Plan, répartis dans toutes les provinces45. De quoi se réjouir ! Mais ce n'était que le début.

René Hamel fonde beaucoup d'espoir sur le marché canadien. L'organisation a évidemment dû s'adapter à des cultures différentes et à mener des opérations en langue anglaise, mais les valeurs partagées constituent un trait d'union entre les équipes d'employés de SSQ Groupe financier. Ouvert avec quelques employés en 2001, le bureau de Toronto compte, en 2012, une équipe de 125 personnes. Dans son esprit, l'arrivée dans le secteur de l'assurance collective dans le marché pancanadien devait être porteuse pour les autres secteurs d'activités de SSQ Groupe financier. De plus, René Hamel mise sur le modèle d'affaires original de SSQ, soit une mutuelle qui a accès au capital de risque, afin de se s'imposer face à ses compétiteurs canadiens.

Des remaniements à la direction générale en 2008 et 2011

La nomination de René Hamel entraîne de nouveaux changements à la haute direction du Groupe financier. Johanne Goulet accède à la première vice-présidence assurance collective après avoir occupé des fonctions similaires en investissement et retraite et des fonctions de gestion en assurance collective. Marie-Josée Blanchette accède à la première vice-présidence placements. Entrée chez SSQ dans sa filiale immobilière, elle a par la suite assumé différentes fonctions de cadre supérieur, dont dix ans à titre de présidente-directrice générale de SSQ Assurances générales. Gilles Mourette qui était premier vice-président technologies la remplace en 2008. Outre les promotions de Johanne Goulet, Marie-Josée Blanchette et Gilles Mourette, Bernard Tanguay, actuaire embauché chez SSQ VIE en 1996, accède à la première vice-présidence investissement et retraite. Ce dernier avait auparavant occupé divers postes en assurance collective chez SSQ dont celui de vice-président actuariat. En 2012, il prendra aussi les rênes de SSQ Assurance à la suite de l'acquisition d'AXA Assurance vie inc. Michel Loranger, un diplômé en informatique de gestion embauché en 1988, remplace Gilles Mourette comme premier vice-président technologies. Enfin, l'actuaire Serge Boiteau, premier vice-président actuariat institutionnel et placements se voit octroyer des responsabilités additionnelles en matière de conformité46.

En 2009, Marie Lamontagne laissera son poste de vice-présidente marketing et développement des affaires chez SSQ Assurances générales, poste qu'elle occupait depuis 2001, pour opérer le lancement « Grand public » de la filiale assurances générales, pour joindre la direction générale du Groupe à titre de première vice-présidente communications et affaires électroniques. Par la suite, Patrick Cyr sera nommé premier vice-président finances et immobilier.

D'autres changements sont complétés en 2011-2112 dans le cadre du transfert des services corporatifs des trois filiales du Groupe à la société mère en prévision d'acquisitions. C'est ainsi que les six premières vice-présidences corporatives voient leur mandat être élargi à l'ensemble des compagnies de SSQ Groupe financier. Cette nouvelle structure a pour but d'appuyer de manière plus efficace les différents secteurs d'affaires.

Les administrateurs

Afin de maintenir de saines pratiques de gouvernance, SSQ a entrepris au cours des dernières années une importante mise à jour de ses structures et de ses règles de fonctionnement. Il a aussi mis l'accent sur la formation des administrateurs et le partage de l'information sur l'entreprise et le milieu des assurances.

Des piliers de l'organisation

En 2006, trois autres piliers de l'organisation se retirent47. Serge Dagenais, alors coordonnateur au ministère de la Santé et des Services sociaux, quitte après 11 ans de service. Il était président du comité de déontologie. Jean-Marie Gagnon, professeur à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval, tire aussi sa révérence après 18 ans dans plusieurs fonctions, dont celle de trésorier de l'entreprise à compter de 1999. Marcel Pepin, qui représentait les caisses de retraite de la CSN, se retire après avoir servi 13 ans, dont neuf à titre de premier vice-président. Parmi ceux qui siègent toujours au conseil de SSQ, il faut parler de Michel Nadeau, qui a été à la Caisse de dépôt et placement du Québec de 1984 à 2001 et qui apporte son expertise au comité de placements depuis 1990.

Depuis que SSQ fait des affaires à l'extérieur du Québec, Andrew J. MacDougall s'est joint au conseil d'administration de SSQ Groupe financier. Président de la firme torontoise Spencer Stuart, qui est spécialisée dans le recrutement de cadres supérieurs, il est un ancien de l'Université Laval, où il a obtenu un MBA en finance.

Une saine gouvernance

La gouvernance est l'objet d'une attention particulière depuis quelques années. Le conseil d'administration s'est doté d'un code de déontologie comportant des règles très strictes, que les administrateurs et les dirigeants doivent s'engager, par écrit, à respecter. Cet engagement doit être renouvelé chaque année. Le fait que les fonctions de président du conseil d'administration et de président-directeur général soient dissociées et que la rémunération des administrateurs ne soit pas fondée sur les résultats financiers constituent aussi des garanties d'une saine gestion. En 2005, le conseil procède à son autoévaluation, en vue d'améliorer la gouvernance48. Une première mesure découle de l'exercice, soit l'ajout d'une période de discussion entre les administrateurs, sans la présence des dirigeants, ce qui permet des échanges en toute indépendance.

En 2006, le comité de direction, qui a le mandat de veiller au bon fonctionnement de la Société dans le respect des politiques, programmes et budgets, amorce un processus de révision du rôle et des responsabilités du conseil d'administration et de ses divers comités. Le président du conseil et le président-directeur général siègent à ce comité de direction.

Comme le souligne Pierre Genest, les attentes des autorités de réglementation et du conseil d'administration envers les membres de la direction générale de SSQ ne cessent de croître. Il précise, à propos des administrateurs : « Ils sont des acteurs proactifs en matière de gouvernance et se doivent de posséder les compétences et les qualifications nécessaires à l'exercice de leurs fonctions, énoncées dans une description claire des rôles et des responsabilités qui leur sont dévolus49 ». Au-delà des règles de gouvernance, les décisions d'affaires doivent être compatibles avec les valeurs mutualistes de l'entreprise.

Dans un souci de transparence, les comités de vérification et de déontologie sont formés d'administrateurs externes. Quant au comité de placements, il comprend deux membres de la direction générale et deux administrateurs indépendants50. En 2010, l'ancien comité de direction devient le comité exécutif et de ressources humaines, et on associe la gestion des risques au comité de vérification. Chaque comité rend compte de ses travaux aux séances du conseil d'administration. Les administrateurs disposent également de mises à jour périodiques permettant un suivi de la planification stratégique. Ils reçoivent enfin des formations sur des sujets particuliers afin de les aider dans l'exercice de leurs fonctions.

Le mutualisme : un modèle d'affaires original

Même si plusieurs entreprises ont préféré la démutualisation, SSQ fait la preuve que le mutualisme permet un développement durable, en plaçant la personne et le progrès social au cœur des actions. La croissance de l'entreprise force toutefois la mutuelle à revoir certaines de ses façons de faire pour s'adapter à l'expansion de l'entreprise.

Une nouvelle forme de participation mutualiste

En élisant la majorité des administrateurs de SSQ, les membres de la mutuelle exercent une réelle influence sur ses orientations et son développement.

Depuis 1978, ce sont les assemblées régionales qui permettaient la participation des membres assurés à la vie mutualiste entre les assemblées annuelles de la mutuelle. Cette formule était très bien adaptée à la représentation des groupes du secteur public. Toutefois, elle s'avérait moins équitable pour les clientèles du secteur privé en assurance collective, du secteur investissement et retraite, et de l'extérieur du Québec51. Un comité de révision de la participation mutualiste est donc créé en vue de pallier ces inconvénients et il livre le fruit de ses réflexions aux délégués à l'assemblée générale de 2005.

À compter de 2006, le choix des délégués se fait sur la base des clientèles : les groupes comptant plus de 700 membres, les plus petits groupes et les membres individuels détenant des contrats de rente ou d'investissement. Les groupes les plus importants ont la possibilité de désigner un certain nombre de délégués en proportion du nombre de membres52. Les plus petits groupes, quant à eux, ont droit à une représentation proportionnelle au nombre de membres de l'ensemble selon une échelle prévue au règlement et les groupes qui peuvent désigner un délégué sont choisis par tirage au sort53. Il en va de même pour les membres à titre individuel. Cette nouvelle structure démocratique est adoptée en assemblée générale extraordinaire le 7 avril 2006. C'est le dernier dossier du président Yves Demers qui se retire après 28 ans au conseil d'administration de la mutuelle.

L'assemblée générale de 2007 accueille pour la première fois des délégués qui proviennent de l'Ontario et du Manitoba, et d'autres qui représentent les membres individuels. Le nombre de délégués s'accroîtra de 116, en 2007, à 180, en 2012. L'assemblée générale se tient à Québec, un samedi du mois d'avril. Les assises sont précédées la veille par un colloque sur un thème lié à la gestion des assurances.

« Les valeurs à la bonne place »

Les valeurs mutualistes orientent la stratégie de SSQ. Ainsi, le plan stratégique de 2003-2007, qui mise sur des objectifs de croissance naturelle et soutenue, insiste sur la primauté de la personne. Celui de 2008-2012 s'accompagne d'une réaffirmation des valeurs propres à l'entreprise : le mutualisme, l'accessibilité, la compétence, l'engagement social, l'intégrité et le respect. L'intérêt des membres et des clients continue d'avoir préséance sur les bénéfices déclarés en fin d'année.

À l'interne, les valeurs mutualistes sont promues par des sessions d'initiation à la vie mutualiste, offertes en plus grand nombre après 2005 pour joindre plus d'employés. Il s'agit alors de transmettre la culture d'entreprise à une génération peu familière avec ce concept. Un partenariat est d'ailleurs conclu avec l'Institut de recherche et d'éducation pour les coopératives et les mutuelles de l'Université de Sherbrooke afin de dispenser ces cours, où le modèle coopératif et mutualiste est présenté comme une alternative au modèle capitaliste dominant.

Le comité de promotion des intérêts mutualistes, qui est formé de dirigeants et d'employés, organise, quant à lui, diverses activités axées sur la solidarité et le développement durable. Cette préoccupation devient de plus en plus importante depuis 2007. La substitution de tasses à café aux verres en polystyrène, la vente de café équitable dans les distributrices, la livraison aux lieux de travail de fruits et légumes cultivés de manière écologique par un producteur local ne sont que quelques-uns des petits gestes posés par les employés54. De son côté, SSQ a financé la construction d'une station Métrobus face à son siège social et favorise l'utilisation du transport en commun55.

L'intercoopération

À l'externe, les valeurs mutualistes de SSQ sont promues notamment à travers des organismes comme SOCODEVI, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, et la Fondation pour l'éducation à la coopération et à la mutualité. Yves Demers joue un rôle très important au sein du conseil d'administration de ces différentes institutions. Il préside SOCODEVI de 2001 à 2006 et il réussit à convaincre ses collègues du CQCM, connu jusque-là comme le « Conseil de la coopération », de modifier le nom de l'organisme pour refléter plus fidèlement la réalité56. Les 39 mutuelles d'assurance du Québec trouvent ainsi leur juste place au sein du mouvement. Me mbre fondateur de la Fondation pour l'éducation à la coopération et à la mutualité, SSQ continue de s'intéresser à l'organisme, intégré depuis 2007 au Conseil québécois de la coopération et de la mutualité. SSQ fera aussi partie, jusqu'en 2011, de l'International Cooperative and Mutual Insurance Federation (ICMIF), qui est un forum d'échange pour les mutuelles d'assurance.

La promotion de la formule coopérative et mutualiste auprès des jeunes est une autre avenue que privilégie SSQ depuis de nombreuses années. Depuis 2003, chaque été, l'entreprise appuie une coopérative jeunesse de services (CJSSQ) formée d'adolescents de 13 à 15 ans recrutés parmi les enfants des membres du personnel. L'initiative se veut une expérience concrète de coopération. En outre, un poste de membre-jeunesse est créé en 2008 au sein du comité de promotion des intérêts mutualistes.


SSQ a financé la construction d'une station Métrobus face à son siège social. Cette station a été inaugurée en octobre 2006. SSQ favorise ainsi le transport en commun.

Engagement dans la collectivité

Le bilan social de SSQ comporte des contributions à plusieurs associations qui œuvrent au mieux-être de la communauté. Parmi les bénéficiaires de son appui, on peut mentionner la Fondation des Arches Jean Vanier, plusieurs fondations d'institutions hospitalières, la Maison Michel-Sarrazin (soins palliatifs), Portage-Québec (aide aux personnes avec des problèmes reliés à la toxicomanie), etc. SSQ appuie aussi des organismes œuvrant auprès des jeunes, tels Éducaide (bourses à la persévérance scolaire) ou la Fondation du Maire : le Montréal inc. de demain (aide au démarrage d'entreprises). Enfin, à l'instigation d'Yves Demers, SSQ a accordé un soutien particulier aux arts et à la culture, domaines trop souvent oubliés par les donateurs institutionnels. Durant plusieurs années, l'entreprise a notamment été partenaire de l'orchestre Les violons du Roy de Québec et de la TOHU, la cité des arts du cirque de Montréal. En fait, SSQ répond positivement à plusieurs demandes de commandite par année.

SSQ est également un partenaire de longue date de Centraide qu'il appuie de diverses façons : dons corporatifs, dons des employés, implications dans les campagnes de financement et présences au conseil d'administration. Yves Demers, Pierre Genest, Richard Bell et René Hamel se sont impliqués en tant que coprésidents de campagne. SSQ croit profondément à la mission de Centraide pour lutter contre l'exclusion sociale et la pauvreté dans chacune des communautés où l'entreprise est présente.

Par ailleurs, après avoir franchi le cap du million de dollars, en 2008, la Fondation SSQ choisit de s'associer au Réseau québécois des CFER (Centre de formation en entreprise et récupération), des écoles-entreprises qui accueillent des jeunes n'ayant pas complété l'équivalent d'une première année de secondaire et qui offrent une formule éducative adaptée à leurs besoins. De plus, elle appuie un centre de service aux jeunes aux prises avec une dépendance (appelé Le Grand Chemin) ainsi que le Fonds d'emprunt économique communautaire de Québec, qui offre un accès au crédit à des personnes exclues des réseaux traditionnels de financement57.

L'engagement enthousiaste de ses employés dans les campagnes de Centraide incite l'entreprise à créer, en 2004, un programme de soutien financier pour tous ceux qui font du bénévolat. Cette nouvelle politique de SSQ se veut un incitatif à la participation à des projets de nature communautaire58. Diverses initiatives en découlent durant les années suivantes. Selon des chiffres de 2008, quelque 200 employés de SSQ font du bénévolat pour un total de près de 10 000 heures par année59. Cependant, c'est à travers le Marathon SSQ et le 5 km de la Santé SSQ, événements auxquels 500 employés et leur famille participent, année après année, depuis 2006, que se manifeste de façon la plus visible leur appui à une cause qui leur tient à cœur.


Le Marathon SSQ Lévis-Québec

Le Marathon SSQ Lévis-Québec

Le Marathon SSQ est un événement majeur dans le calendrier sportif de la Capitale-Nationale, mais c'est aussi une activité touristique qui amène de nombreux visiteurs dans la région. Plus de 10 000 personnes s'y inscrivent afin de relever un défi personnel ou encore de soutenir une bonne cause. Pour SSQ, la course d'endurance sur un parcours pittoresque longeant les rives du fleuve depuis Lévis jusqu'au Vieux-Port de Québec, représente à la fois un événement caritatif et une façon de démontrer de façon concrète son engagement envers la promotion de la santé.

Le Marathon SSQ et le 5 km de la santé SSQ encouragent la pratique d'activités sportives et l'adoption de saines habitudes de vie. Arborant les couleurs de l'entreprise, les participants expriment leur sentiment d'appartenance à SSQ tout en aidant un organisme sans but lucratif à poursuivre sa mission. Parmi les bénéficiaires des fonds recueillis par les coureurs et la direction de l'entreprise, on peut mentionner la Fondation de l'autisme de Québec, le camp de vacances Cité Joie pour les personnes qui vivent avec une déficience physique ou intellectuelle, l'Association québécoise de la dysphasie de la Capitale-Nationale, Leucan, Fondation Lauberivière, Laura Lémerveil. Plusieurs dizaines de milliers de dollars sont recueillis chaque année.

Les retombées économiques : des investissements responsables

À ces contributions, il faut ajouter les retombées de la présence d'une entreprise comme SSQ. Les salaires versés aux employés, les importants investissements immobiliers réalisés au fil des ans, les placements des fonds qui lui sont confiés sous forme d'actions et d'obligations représentent un apport économique majeur.

Et ces investissements font l'objet d'une surveillance étroite. En 2006, le comité de placements se dote d'une politique en matière d'investissements socialement responsables, qui établit des balises pour les placements des fonds généraux60. SSQ a été également le premier assureur canadien signataire des Principes pour l'investissement responsable, document lancé à la Bourse de New York en 2006, et son portefeuille de placements est analysé deux fois par année par une firme externe61. C'est cette même vigilance qui permettra à l'entreprise de se départir à temps des parts détenues dans les papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA); elle sera ainsi l'une des rares institutions financières à échapper à cette crise majeure en 200762.

SSQ Groupe financier connaît donc une croissance marquée après 2000, qui lui vaut une place enviable parmi les assureurs canadiens. Tout en maintenant son leadership en assurance collective au Québec, SSQ a réussi à développer ses autres secteurs d'affaires et à élargir son champ d'action. La diversification des activités et l'expansion dans le reste du Canada n'ont pas fait disparaître la culture mutualiste qui a fait la force de SSQ.

Chapitre suivant : Acquisition et repositionnement stratégique (2012-2014)


  1. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2001, p. 12. 
  2. SSQ VIE, Rapport annuel 1999, p. 6. 
  3. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2000, p. 18. 
  4. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2002, p. 11. 
  5. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2000, p. 19. 
  6. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2007, p. 10. 
  7. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2010, p. 15. 
  8. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2001, p. 15. 
  9. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2003, p. 12. 
  10. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2011, p. 4. 
  11. Rose-Line Brasset, entrevue avec Gilles Mourette, 11 janvier 2013.
  12. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2011, p. 13. 
  13. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2010, p. 16. 
  14. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2002, p. 13. 
  15. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2003, p. 12. 
  16. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2010, p. 17.
  17. La Cité Verte, (page consultée le 11 juin 2013). Rénald Fortier, « L'écoquartier La Cité Verte – Le projet », Voirvert. Le portail du bâtiment durable au Québec, (page consultée le 11 juin 2013). 
  18. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2003, p. 9. 
  19. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2003, p. 10. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2005, p. 6. 
  20. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2001, p. 13. 
  21. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2006, p. 9. 
  22. Ibid
  23. SSQ VIE, Rapport annuel 1994, p. 20. 
  24. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2001, p. 14. 
  25. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2000, p. 19. 
  26. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2001, p. 13-14. 
  27. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2005, p. 6. 
  28. Ibid., et SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2009, p. 10. 
  29. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2003, p. 9. 
  30. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2012, p. 14. 
  31. Stéphanie Grammond, « Les remparts de Québec, capitale de l'assurance », La Presse Affaires, 15 mars 2010, p. 18. 
  32. Rose-Line Brasset, entrevue avec Maurice Savoie, 7 novembre 2012. 
  33. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2003, p. 47. 
  34. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2004, p. 9. 
  35. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2005, p. 5. 
  36. « SSQ Groupe financier récipiendaire du prix Altius Or 2009, catégorie grande entreprise », SSQ Groupe financier, Reflets SSQ (journal interne), juin 2009, p. 9. « Prix Canada pour l'excellence », SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2012, p.14. 
  37. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2003, p. 47. 
  38. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2006, p. 6. 
  39. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2009, p. 20. 
  40. Rose-Line Brasset, entrevue avec Richard Bell, 17 octobre 2012. 
  41. Ibid
  42. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2008, p. 3. 
  43. Rose-Line Brasset, entrevue avec René Hamel, 26 novembre 2012. 
  44. Ibid
  45. FI Finance et investissement, Christine Deslandes, « Richard Bell », 1er février 2003, (page consultée le 5 juillet 2013). 
  46. En 2011, la vigie des marchés, les dossiers d'acquisition et les services juridiques se sont ajoutés au mandat de cette vice-présidence qui sera dorénavant connue sous le nom de première vice-présidence services institutionnels. 
  47. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2006, p. 4. 
  48. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2005, p. 39. 
  49. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2007, p. 3. 
  50. Ibid., p. 38. 
  51. SSQ, Mutuelle de gestion, Rapport annuel 2004, p. 5. 
  52. SSQ, Mutuelle de gestion, Rapport annuel 2005, p. 3. 
  53. Ibid., p. 4. 
  54. SSQ, Mutuelle de gestion, Rapport annuel 2007, p. 3, Rapport annuel 2008, p. 3. 
  55. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2008, p. 26. 
  56. Rose-Line Brasset, entrevue avec Yves Demers, 2 octobre 2012. 
  57. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2008, p. 24. 
  58. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2004, p. 51. 
  59. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2008, p. 14. 
  60. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2006, p. 24. 
  61. SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2011, p. 21. 
  62. CNW Telbec, communiqué du 23 août 2007, « Marché du papier commercial adossé à des actifs – SSQ Groupe financier rassure ses clients », (page consultée le 18 août 2014). SSQ Groupe financier, Rapport annuel 2007, p. 10.